Eté 2026 : succès des nénuphars et la nappe qui monte, qui monte...!
Dernière mise à jour : 1 sept.
Nous ne résistons pas à l'envie de vous donner des nouvelles de la gravière, avec des photos que nous avons récoltées tout au long de l'été.
Ici, un constat s'impose, paradoxal : le niveau d'eau de la gravière monte et affiche un record 2026, malgré un été sous le signe de la canicule et de la sécheresse...Explications.
Quant aux nénuphars, ils sont notre espèce-flore...phare de l'été !
La sécheresse avance, mais la nappe monte !
Comment expliquer ce paradoxe ? Alors que la navigation sur le Canal a dû être stoppée en raison de son niveau particulièrement bas, notre gravière affiche un niveau record.
Depuis plusieurs années, nous constatons sur la gravière de Rumersheim-le-Haut une remontée importante du niveau de l'eau au cours de l'année. En 2026, le phénomène est particulièrement visible : les plantations réalisées en bordure du plan d'eau, qui correspondent à notre « niveau zéro », se retrouvent aujourd'hui régulièrement immergées, avec une hauteur d'eau qui nous semble proche d'un mètre au-dessus de leur niveau habituel.
Mais comment expliquer cette situation alors que la sécheresse sévit ?
En réalité, le niveau d'une gravière en eau ne dépend pas directement du niveau du Rhin ou du Canal. Le plan d'eau est en communication avec la nappe phréatique rhénane, cette immense réserve d'eau souterraine présente dans les alluvions de la plaine du Rhin.
Or la nappe possède une très grande inertie : elle ne réagit pas instantanément aux variations du Rhin ou aux épisodes de sécheresse. Elle est alimentée par les précipitations, mais aussi par les infiltrations provenant du Rhin, des canaux et des zones environnantes. L'eau peut ainsi continuer à circuler et à alimenter localement la nappe alors même que le Rhin connaît une forte baisse de son débit.
La gravière constitue en quelque sorte une « fenêtre » ouverte sur cette nappe : son niveau reflète donc davantage l'état de l'eau souterraine locale que celui du Rhin à un instant donné.
Cela explique qu'il soit possible d'observer simultanément :
un Rhin très bas
une nappe encore relativement haute
et un niveau d'eau élevé dans la gravière.
Il faut également garder à l'esprit que la nappe phréatique n'est pas parfaitement horizontale et que les échanges entre eaux souterraines, Rhin, canaux et gravières sont complexes. Une gravière de 40 hectares peut elle-même modifier localement ces échanges.
Une observation que nous allons continuer à suivre
Ce qui nous interpelle surtout, c'est que nous observons cette remontée du niveau depuis plusieurs années, au moins depuis 2023, (y compris pendant la période "basse") avec des conséquences très concrètes sur la végétation que nous avons installée en bord de rive. Pour mémoire, nous avions installé des pompes solaires en 2020 pour aider à alimenter en eau le haut-fond du nord, qui se retrouvait à sec pendant la période basse.
Notre observation de terrain constitue donc un véritable sujet d'intérêt : le niveau de cette gravière suit-il simplement les variations naturelles de la nappe rhénane, ou certains facteurs locaux jouent-ils également un rôle ?
Nous allons continuer à suivre l'évolution du plan d'eau et, si possible, à la mettre en regard des données disponibles sur la nappe phréatique et les cours d'eau environnants.
Car derrière cette apparente contradiction se cache un phénomène passionnant : l'eau que nous voyons dans la gravière raconte une partie de l'histoire, invisible à nos yeux, de l'immense réseau d'eau souterraine qui circule sous nos pieds.






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